L’imprimerie des Trois Salazes

Les Trois Salazes. Dessin par Yann à partir de la photo sur Wikimédia.


Situées entre le cirque de Mafate et celui de Cilaos, les Trois Salazes sont trois pics rocheux impressionnants. C’est un site d’escalade réputé et périlleux.
Visiblement, cela fait longtemps que ces trois pics marquent les esprits. En 1778 et en 1780, Evariste de Parny fait paraître des recueils de poésies. Sur l’un d’eux, il fait mentionner que l’impression a été faite “sur le sommet des Trois Salasses”. En vérité, l’île n’a pas encore de presse et les ouvrages ont été réalisés à Paris à l’imprimerie Didot.
Dans les années 1830, les Francs-Créoles vont aussi utiliser la mention “Imprimerie des Trois Salazes” sur leurs publications clandestines. Peut-être est-ce le succès des poèmes d’Evariste de Parny qui les a amenés à choisir ce nom d’imprimerie fictive.
Un autre journal clandestin, le Cri d’alarme (p.16), prétend être imprimé à Salazie. Impossible d’être sûre qu’il s’agit d’un hommage.
L’étymologie de Salaze et Salazie est sans doute commune et vient du malgache. Parmi les significations possibles, on trouve « bon campement », « marmite à trois pieds » ou « fourchette à rôti ». Il est aussi possible que ce nom vienne d’un Marron.
Le site des Trois Salazes est un lieu lointain, sauvage et qui promet l’aventure. Imaginer qu’une imprimerie se cache là-haut pour imprimer des poèmes ou des écrits de révoltes est une image poétique puissante.

Page titre des œuvres du chevalier de Parny. On y voit la mention  « à l’isle de Bourbon »