La bibliothèque départementale de La Réunion

Il aurait été difficile de faire ce travail sans l’existence de la BDR, la Bibliothèque Départementale de La Réunion. Il ne s’agit pas d’un lieu consacré à l’imprimé populaire, mais d’une bibliothèque atypique dans le paysage français. En effet, les bibliothèques départementales ne sont en général pas des lieux ouverts aux publics. Elles mettent à disposition des bibliothèques du territoire des ressources supplémentaires (livres, exposition, matériel d’ateliers, etc.). à La Réunion, la BDR a une collection axée sur le patrimoine de l’île et l’océan Indien. Elle a donc un but patrimonial. Elle a aussi l’originalité d’être ouverte au public. Je vous propose de venir faire une visite avec moi.
L’entrée ne se faire plus par le parc. Dommage, la façade est belle. On s’imagine bien monter les marches pour entrer par les portes vitrées dans la salle de lecture. On passe par le petit portail sur le côté et on découvre la partie récente du bâtiment. Le bâtiment de la fin des années 30 était trop petit. Pourtant, à l’origine, il a été conçu pour accueillir la bibliothèque et les archives départementales. Heureusement qu’en 1971, ces dernières bénéficient d’un bâtiment dédié. Cette aile dotée de matériaux modernes (verre et plaques de métal) complète avantageusement le vieil édifice.
Une exposition temporaire siège dans le hall d’accueil.
Après avoir tout de même salué le personnel de l’accueil, je passe la porte qui donne sur le patio. La beauté végétale de cet espace me permet de faire une pause. Je me réjouis d’avoir accès gratuitement à ce bel endroit. Je vois des chaises qui peuvent m’accueillir dans ce décor idyllique.
Je fais les quelques pas qui me séparent de la salle de lecture. La porte fait du bruit qui résonne dans toute la pièce. Une atmosphère calme et studieuse s’en dégage. On est happé par le sol en damier hypnotisant, mais aussi par le volume de la salle. J’adore les bibliothèques à mezzanine. On est entré dans une image ancienne issue d’un ouvrage de Jules Verne ou quelque chose comme ça. Une longue table siège au centre de la salle pour accueillir les curieux·ses, les étudiant·es, les chercheuses·rs et même les simples passant·es.
Les étagères sont en bois. Je peux même préciser qu’elles sont en camphre, car cet arbre a la vertu d’éloigner les bestioles nuisibles aux livres.
Les titres de presse sont là dès l’entrée. Je ne suis pas venue pour ça, alors je m’aventure plus loin. Cependant, si ça vous intéresse, vous pourrez aussi regarder les postes informatiques au fond de la salle. On y trouve des liens vers des sites d’actualités en plus d’un accès au catalogue en ligne. Chaque étagère est couronnée d’un panneau évoquant des ouvrages créoles. Les livres présents sont tous en lien avec le territoire : écrit par une personne originaire de l’île, habitant sur l’île, évoquant l’île… Ce fonds a une approche large de son thème.
Il ne nous faut pas beaucoup de temps faire le tour de la pièce, mais dès qu’on s’aventure dans les petites allées dessinées par les étagères, le temps disparaît entre les pages des livres qui nous aspirent.
Difficile de ne pas avoir envie de jeter un œil sur les albums de Roussin, dont on connaît pourtant déjà les images. Comment résister aux ouvrages de généalogie ou à ceux consacrés aux Réunionnais célèbres ? Les ouvrages de sociologie ouvrent des champs de réflexion insoupçonnés : le sexisme, les groupes sociaux… Je n’imaginais pas trouver autant de livres dans ce rayon.
J’accélère le pas car la prochaine allée me tient à cœur : les langues. Le créole prend de la place. Je pensais avoir consulté la majorité des ouvrages sur ce sujet. Évidemment, ce n’est pas le cas : des ouvrages anciens et introuvables sont là à côté de publications récentes.
La section consacrée aux sciences et aux techniques aborde principalement la faune et flore locale. Le volcan est également très bien documenté. C’est ici que se situent les livres de cuisine. C’est toujours intéressant de savoir cela.
La partie dédiée aux arts et loisirs comprend les BD. Tout n’est pas là, évidemment. Dans la salle de lecture, il y a des ouvrages importants mais ni rares ni précieux. Il est possible de consulter d’autres BD mais il faut demander. Les albums sur place font déjà mon régal. J’ai déjà lu les aventures de Tiburce par Tehem et les recueils des éditions du Centre Du Monde, mais je n’avais pas eu accès aux œuvres de Michel Faure ou de Starrk. Je vois de confortables chauffeuses où je pourrais m’installer pour lire tout ça après notre visite.
C’est également dans ce rayon qu’on trouve les livres sur l’architecture (avec toutes ces magnifiques photos de cases), le street art, la broderie et bien sûr la musique !
On passe à une autre forme d’art avec les ouvrages sur la littérature et alors là : c’est Noël ! C’est le plus grand rayon de la BDR.
à propos, savez-vous ce qu’est le dépôt légal ? C’est “l’obligation pour tout éditeur, imprimeur, producteur, importateur, de déposer chaque document qu’il édite, imprime, produit ou importe, auprès de l’organisme habilité à recevoir le dépôt en fonction de la nature du document. Cette obligation s’applique à tout document diffusé en nombre à un public s’étendant au-delà du cercle de famille.” (site de la BNF). La Bibliothèque départementale de La Réunion sert de relais à la bibliothèque nationale de France dans la collecte du dépôt légal. Ce n’est pas le rôle le plus connu de la BDR, mais je ne pouvais pas le passer sous silence.
Je crois que vous avez une idée assez claire de ce que les étagères du rayon littérature peuvent contenir. Comme vous, je trépigne à l’idée de dénicher des romans policiers, des récits de familles ou autres fictions en lien avec l’île. Si c’est les récits historiques qui vous intéressent, les documentaires du rayon suivant feront votre joie. Des premiers habitants jusqu’à la période contemporaine : tout est documenté à la BDR !
Comme vous pouvez le constater, nous n’avons parcouru que la moitié des rayonnages. Que peut-on bien trouver dans l’autre moitié ? Et bien, il s’agit de sections plus générales. On y trouve des ouvrages sur les autres territoires de l’océan Indien (Madagascar, l’île Maurice, les Comores, Mayotte, les Seychelles), mais également sur des thèmes liés aux problématiques ultramarines, comme l’esclavage, le monde créole et le voyage. Deux étagères sur la Chine, l’Afrique et l’Inde complètent ce panorama. Évidemment, difficile de parler de culture réunionnaise sans évoquer ces territoires.
Je sais que vous avez envie d’emprunter les escaliers en colimaçon aux extrémités de la salle. C’est interdit. Les accès à la mezzanine se font par d’autres couloirs moins pittoresques. Ne m’en voulez pas de ne pas vous amener dans les réserves de la BDR. Mais je crois qu’il est nécessaire de garder un peu de mystères pour votre prochaine visite.
Tiens ! On dirait qu’il se passe quelque chose dans la salle de conférence. Parfait ! C’est sans doute un auteur ou une autrice qui vient parler de son ouvrage. Parfois, ça a lieu dans le patio, ça dépend des circonstances météo. Allons écouter cela. Ensuite, on pourra descendre vers le Barachois ou le quartier Cathédrale pour prendre un verre. Pas de raison de se priver des loisirs qu’on trouve dans les alentours de la BDR. Nous parlerons des ouvrages que nous lirons lors de notre prochaine visite et de la façon dont les livres dialoguent avec la culture.

Informations pratiques

Bibliothèque départementale de La Réunion
52, rue Roland Garros 97400 Saint-Denis de La Réunion
bdr@cg974.fr
Horaires : du mardi au vendredi de 8h30 à 17h30 et le le samedi de 10h30 à 17h30
Entrée libre et gratuite, sans inscription.
Consultation sur place
https://bdr-catalogue.cg974.fr